Or donc, les finances d’inscription pour les épreuves de course à pied sont en forte augmentation. Les prix ont pratiquement triplé en 15-20 ans, s’aligner sur 10 ou 15 km coûte souvent autour de 50 francs, selon les échos parvenus à Running Romand. Sans parler des marathons… Vrai ou faux ? Nous avons examiné les choses de près, afin de faire le point sur la question. Pour constater que la réalité des faits ne correspond pas forcément à ce qui est rapporté.

Bien sûr, prendre part à une course à pied nécessite de débourser plus qu’il y a quelques années. Mais qu’est-ce qui n’augmente pas au fil du temps ? Lire le journal ou boire un café coûte toujours un peu plus cher, sans parler du reste, il serait étonnant que le montant à consentir pour se dégourdir les jambes en peloton demeure stable. Et l’on a le sentiment que beaucoup d’organisateurs – qui doivent faire face à de nombreux frais, ne l’oublions pas – n’exagèrent pas sur ce point.

On en veut pour preuve qu’en nous penchant sur les finances d’inscription pratiquées un peu partout en Suisse romande (200 courses environ y sont organisées chaque année), nous n’en avons trouvé aucune où il faille consentir à payer une cinquantaine de francs pour une épreuve sur 10 ou 15 km. La somme à débourser serait plutôt de l’ordre de la moitié de ce montant – entre 25 et 28 francs – pour de nombreuses courses de ce type. Et pour certaines, le tarif est encore inférieur.

On peut ainsi effectuer À Travers Cugy (10 km) pour 15 francs, disputer la course des 3 Ponts à Broc (12,5 km) pour 16 francs, courir À Travers Pully ou Prilly (10 km), ainsi qu’à Marly (14,2 km), pour 20 francs. Montant identique pour la course de côte Neirivue – Le Moléson (10,6 km), mais là il faut débourser 15 francs supplémentaires pour obtenir le… linge qui fait office de prix-souvenir, ce dernier étant le plus souvent compris dans la finance d’inscription. Des courses parfaitement abordables, donc, même si l’Escalade genevoise demande 35 francs pour 7,3 km seulement, les frais d’organisation étant élevés.

Plus long, plus cher

Certaines courses ne sont pas données, on en convient : prendre part aux 20 km de Genève vaut de 50 à 60 francs selon la date d’inscription (un procédé qui se répand de plus en plus, veillez donc au moment où vous vous décidez !), disputer Morat-Fribourg (17 km) coûte 54 francs. Même si les coûts sont plus importants quand une course joint deux points différents que lorsque départ et arrivée sont au même endroit, on avoue que l’addition est un peu salée. Le Grand Prix de Berne, avec une ardoise de 48 francs pour 16 km, n’est pas bon marché non plus…

Incontestablement, les prix ont tendance à s’envoler lorsque les distances s’allongent. Le montant pour courir un marathon, s’il n’atteint pas en Romandie les outrances new yorkaises (345 dollars !) ou même parisiennes (entre 94 et 135 francs), est élevé : 85 francs à Genève, 90 francs à Lausanne. En terre alémanique, les organisateurs sont encore plus gourmands : le tarif se situe entre 120 et 140 francs à Lucerne, de 120 à 160 francs à Zurich ! Sans parler du marathon de la Jungfrau (un peu particulier certes), nécessairement couplé avec le Swiss Marathon Light pour 179 ou 189 francs au total…

Les courses de longue haleine en pleine nature induisant des frais importants (infrastructures, logistique, encadrement médical, ravitaillement), les trails sont également dispendieux : de 100 à 150 francs pour le LG Trail Lausanne Genève (110 km), 112 à 140 francs s’agissant du Swiss Canyon Trail du Val de Travers (105 km), 135 à 180 francs pour le Trail Festival Montreux (164 km), 165 à 195 francs pour l’Ultra Tour du Léman à Villeneuve (175 km). À la Vallée de Joux, on demande 55 à 90 francs selon la distance, de 21 à 76 km.

À souligner que si pour de nombreuses épreuves, ainsi qu’on l’a dit, la finance d’inscription augmente au fur et à mesure que l’enregistrement est proche de la date de la course, le Matterhorn Ultraks (17/31,5/48 km) a mis en place une variante à ce système : pour l’épreuve valaisanne, vous payez par exemple, pour la plus longue distance, 120 francs si vous faites partie des 200 premiers inscrits, 140 francs de la 201e à la 500e inscription et 140 francs au-delà. Chérot, de toute façon…

On précisera encore que depuis l’an dernier, grâce à un accord passé entre les CFF et Swiss Runners, l’association faîtière des principales courses du pays, dix-huit épreuves helvétiques offrent aux concurrents le trajet sur les transports publics ! Le tarif pour s’inscrire à la course comprend le billet de train (aller-retour bien sûr) entre le domicile et le lieu de la course. Sont ainsi concernés notamment Morat-Fribourg, les 20 km de Lausanne, le Grand Prix et la Course féminine de Berne, les 100 km de Bienne, la marathon de Zurich, le Swiss Alpine Marathon ou le marathon de la Jungfrau.

Ailleurs, participer peut rapporter bien plus que ce que la finance d’engagement a coûté : la course de côte Thyon – Dixence (16,350 km), où l’on participe pour 45 francs, octroie de nombreuses primes. On peut ainsi toucher jusqu’à 250 francs de montant de départ et 450 francs de prime d’arrivée, selon ses références chronométriques. Il est également attribué une somme de 350 francs aux cinq premiers de la course et une autre de 1500 francs si l’on bat le record du parcours. Au total, dans le meilleur des cas, se rendre dans le val d’Hérémence peut donc rapporter 2550 francs ! Une exception, il va de soi…

Par Philippe Roch